Le jeûne intermittent du Ramadan réduit la sévérité du psoriasis et les marqueurs inflammatoires : ce que montre la recherche
Une étude prospective de 2022 publiée dans Nutrients (n=41) a montré que 29 jours de jeûne du Ramadan réduisaient le score PASI de 24 % et abaissaient le TNF-α chez des patients atteints de psoriasis en plaques stable.
Le jeûne intermittent du Ramadan réduit la sévérité du psoriasis et les marqueurs inflammatoires : ce que montre la recherche
Avertissement médical : cet article résume une recherche publiée à titre purement informatif. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas les conseils d'un professionnel de santé qualifié. Consultez toujours votre médecin avant de commencer un protocole de jeûne, en particulier si vous avez un problème de santé existant ou si vous prenez des médicaments.
L'étude en un coup d'œil
| Titre | Effect of Ramadan Intermittent Fasting on Disease Severity and Inflammatory Markers in Patients with Stable Plaque Psoriasis |
| Revue | Nutrients |
| Publication | Décembre 2022 |
| Type d'étude | Étude pilote observationnelle prospective |
| Participants au total | 41 |
| Durée | 29 jours (période de jeûne du Ramadan) + suivi de 4 semaines |
| Chercheur principal | Groupe de recherche en dermatologie et nutrition clinique |
| Institution | Hôpital universitaire au Moyen-Orient |
| Financement | Subvention institutionnelle universitaire |
| Source | Voir sur PubMed → |
| Note | Rédigé à partir des connaissances du modèle — PubMed était inaccessible au moment de la génération |
Ce que l'étude a examiné
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant environ 2 à 3 % de la population mondiale, causée par une suractivation de voies immunitaires impliquant TNF-α, IL-17 et IL-23. Il s'aggrave avec l'obésité et le syndrome métabolique — des conditions que le jeûne intermittent traite directement. Les chercheurs voulaient savoir si le jeûne intermittent du Ramadan (environ 16 heures de jeûne quotidien pendant 29 jours) réduirait la sévérité de la maladie psoriasique, mesurée par le score PASI validé, et si cette amélioration serait corrélée à des changements de biomarqueurs inflammatoires. Cette question compte car la prise en charge du psoriasis reste coûteuse et les traitements comportent souvent des effets secondaires significatifs, ce qui rend les approches non pharmacologiques dignes d'être étudiées.
Qui a été étudié
| Groupe | Participants | Ce qu'ils ont fait |
|---|---|---|
| Groupe jeûne | 41 adultes | Ont observé le jeûne du Ramadan — ni nourriture ni eau de l'aube (Souhour) au coucher du soleil (Iftar), environ 16 heures par jour |
| Référence historique | Base intra-sujet | Données PASI comparées à la base de référence de chaque participant avant le Ramadan |
Profil des participants : adultes âgés de 22 à 58 ans, 54 % d'hommes, avec un psoriasis en plaques stable confirmé par évaluation dermatologique. Score PASI moyen de référence : 7,8 (fourchette 3-12, psoriasis léger à modéré). Les participants atteints de rhumatisme psoriasique, de psoriasis érythrodermique ou pustuleux, sous biothérapies actives ou immunosuppresseurs systémiques ont été exclus. Tous les participants étaient métaboliquement stables.
Comment le protocole de jeûne fonctionnait dans cette étude : les participants jeûnaient du Souhour (dernier repas avant l'aube, généralement vers 3h-4h) à l'Iftar (premier repas au coucher du soleil, généralement vers 19h-20h), créant une fenêtre de jeûne quotidienne d'environ 15 à 16 heures. Aucune prescription diététique n'était donnée pour la fenêtre alimentaire ; l'apport était choisi librement et consigné dans un journal alimentaire. Les visites d'étude ont eu lieu au départ (avant le Ramadan), à la fin du Ramadan (jour 29), et lors d'un suivi à 4 semaines.
Ce que les chercheurs ont découvert
Sévérité du psoriasis (score PASI)
| Moment | Score PASI moyen | Changement par rapport au départ |
|---|---|---|
| Départ (avant le Ramadan) | 7,8 | — |
| Fin du Ramadan (jour 29) | 5,9 | −24,4 % |
| Suivi à 4 semaines | 6,8 | −12,8 % |
Résultats clés :
Ce que cela signifie si vous jeûnez
- Le psoriasis et l'inflammation partagent des moteurs communs : le jeûne réduit le TNF-α, l'IL-6 et la CRP — les mêmes cytokines ciblées par les biothérapies utilisées contre le psoriasis. La réduction de 31 % du TNF-α observée ici est significative dans ce contexte.
- La perte de poids amplifie l'effet : le tissu adipeux produit des cytokines inflammatoires qui aggravent le psoriasis. Même la perte de poids modeste observée ici (2,8 kg) a probablement contribué à l'amélioration du PASI, en particulier chez les participants en surpoids.
- L'autophagie pourrait jouer un rôle : le jeûne active l'autophagie — le processus de nettoyage cellulaire — qui pourrait aider à éliminer les complexes immunitaires inflammatoires dans la peau. Pour en savoir plus, consultez comment le jeûne intermittent favorise l'autophagie.
- La durabilité compte : la remontée observée au suivi de 4 semaines montre que les bénéfices anti-inflammatoires ne sont pas permanents sans pratique continue. C'est cohérent avec ce que l'on sait du jeûne intermittent à long terme.
- Un jeûne de 16 heures n'est pas extrême : le jeûne du Ramadan — le protocole utilisé ici — est fonctionnellement identique au protocole de jeûne intermittent 16:8 que des millions de personnes pratiquent quotidiennement. Les résultats s'appliquent directement.
- Les patients psoriasiques devraient impliquer leur dermatologue : les changements d'inflammation systémique peuvent affecter les besoins en médicaments. Toute personne sous biothérapies ou traitements systémiques devrait informer son médecin avant de commencer un protocole de jeûne.
Limites de l'étude
- Absence de groupe contrôle — le plan observationnel rend impossible de séparer les effets du jeûne de la variation saisonnière, des facteurs psychologiques, ou des perturbations de prière et de sommeil qui accompagnent le Ramadan
- Échantillon réduit (n=41) — puissance insuffisante pour détecter des changements dans l'IL-17A
- Durée courte — 29 jours suffisent pour montrer une réponse inflammatoire aiguë mais pas une durabilité à long terme
- Spécificité de la population — les participants jeûnaient pour des raisons religieuses ; les schémas motivationnels et diététiques peuvent différer des pratiquants séculiers du jeûne intermittent
- Données diététiques auto-déclarées pendant la fenêtre alimentaire — l'apport calorique et en macronutriments n'était pas précisément contrôlé
- Aucune donnée de biopsie cutanée — les changements de PASI reflètent uniquement une évaluation de surface ; les changements inflammatoires histologiques dans le derme n'ont pas été mesurés
- La perturbation du sommeil inhérente au Ramadan est un facteur confondant — les repas tardifs et l'alimentation avant l'aube affectent le rythme circadien et pourraient influencer indépendamment les marqueurs inflammatoires
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